Interview du 25 mars 2004 par Kivan pour le webzine Sipirit of Metal

1) Alors, peux-tu tout d’abord commencer par nous présenter ton groupe ?

IZMA : Tout d’abord, merci Loïc pour cette interview. Alors, Ectoparasite c’est un groupe de potes créé pendant l’hiver 2000/2001, c’est assez récent donc. Moi c’est Izma et je me charge de la basse quand je sais jouer, j’écris quelques textes, je fais un peu de chant (quand on me force ou qu’on me tend des pièges en studio !), j’ai créé et je gère le site web, le design de la cover du p’tit dernier + la promo…

GNIORK (ou NARF) : Ben moi c’est Gniork (ou Narf), en fait ça dépend de l’humeur, c’était plutôt Gniork sur Cruel Tea mais ça peut revenir à du Narf, ça dépend s’il y a plus de slows ou pas. Et pis ça dépend si j’ai mangé ou pas. Et s’il y a eu des lasagnes à manger. Quand j’ai faim avec une grosse envie de lasagnes c’est plutôt Gniork. Et donc c’est moi qui fait la plupart des gargouillis de chiottes présents sur l’album. Les autres ils ont qu’à se présenter eux-mêmes. Et toc !

GÄLETER : Perso je m'occupe de tout ce qui est guitares, de la compo, du son, et de tendre des pièges en studio!

ORHANDJIÜSS : Moi je chante et j'écris des chansons engagées avec mes tripes et mes couilles.

YOXADADEL : Ben moi ça se voit sur ma tronche d’âne, je suis batteur !

2) Vous venez de sortir votre premier album : « Cruel Tea and the Bistouri ». Comment s’est passé son enregistrement ?

GNIORK (ou NARF) :
Eh oh, on en fait quoi du Panzer divisé par deux ??? Bon d’accord c’était vraiment plus démo dans l’esprit mais quand même ! Personnellement, j’eus souhaité que l’on ne fasse pas çà le week-end de Pâques parce que j’ai pas pu aller à la messe du coup. La prochaine fois, on calculera mieux la date.

IZMA : Pour ce qui est de l’enregistrement, je laisse la parole à Gäleter pour expliquer tout ça !

GÄLETER : C'était assez bizarre en fait! Gniork avait une sale crève, Izma était plus dans l'esprit Xena la guerrière dû à une stupide histoire de cycle auquel je ne comprends rien et moi je jouissais d'une belle tendinite au bras gauche! Contrairement à notre vrai premier essai, Panzer divisé par deux, qui était réalisé par "période", le tout à été enregistré d'un coup, avec le studio mobile IMS au domicile de Gniork. Pour l'occasion, Narf a eu le droit de sortir un peu et de procréer!

ORHANDJIÜSS: Je pense qu'on a manqué de thé ; et tout allait bien jusqu'à ce que GNIORK me batte aux billes. Mais je partirai suivre un entraînement avec le champion du monde de l'année 1998 pour le prochain album, c'est un ami lui.

YOXADADEL : Je suis venu et j’ai joué… Tout en une seule prise, voilà le secret !

3) Combien de temps avez-vous passé à le composer, et d’ailleurs, comment composez vous vos titres en général ?

GNIORK (ou NARF) :
C’est bien simple, on me dit de crier, alors je crie.

IZMA : Encore une fois, je laisse Gäleter en parler ! En tout cas je peux affirmer que je n’ai rien fait à part l’écriture de deux textes ! Ca a dû me prendre à peu près 10 minutes !

GÄLETER : En tout et pour tout, deux jours. Je prends des partitions vierges, je me fais une sorte de brainstorming à moi tout seul, je note et je trie le tout. Une manière de travailler qui permet d'aller très vite. Mais Gniork a composé le morceau "Inspiration".

GNIORK (ou NARF) : « Vanne sèche » on dit. Même que je l’ai composé tout seul comme un grand, avec en tête du Dead Infection. Mais bon, s’il n’y avait pas eu Gäleter à passer derrière (c’est une image, y a pas de savonnette dans l’histoire, à peine un sac à dos et sa grosse blonde), le titre se serait détaché du reste de l’album par son côté médiocre.

ORHANDJIÜSS: 5 à 10 minutes, mec, c'est le temps qu'il faut pour crier ma douleur !!!!

YOXADADEL : Je vois mes parties de battoche avec Gäleter…

4) Es-tu personnellement entièrement satisfait de cet album ?

IZMA :
Pour ma part je suis satisfaite du résultat. J’ai dû attendre que le mastering soit fini pour savoir comment allaient sonner les morceaux au final tellement Gäleter les a trifouillés au moment du mix ! Voyons maintenant ce qu’en pensent les autres.

GÄLETER : Spontané, bourrin, totalement stupide, carré, fucking sound, que demander de mieux sinon une bonne p...

IZMA : … une bonne Paralysie Périodique Hypokaliémique ? (La maladie de Westphall pour les ignares !)

GNIORK (ou NARF) : Euh… Je comprends pas la question… mais je dirais : verre à moutarde. Ça va ?

ORHANDJIÜSS: Si j'aime le thon tu parles !!!!!

YOXADADEL : Je n’ai pas assez de recul pour savoir ça…

Puisque tu ne poses pas la question, je le fais à ta place : Quel est le rapport entre le titre franchement débile « Maman fais-moi des lasagnes » et son aspect radicalement death ?

Et bien écoute, tout d’abord, je te trouve plutôt injuste car ce titre n’a rien de débile. C’est au contraire l’expression sincère d’un désir profond. T’as déjà goûté les lasagnes de ma mère ? Bon, ben tu rates quelque chose. L’ennui c’est que si je veux savourer cette merveille du monde, il me faut le demander gentiment. D’où le côté death qui jouit d’une force argumentative irréfutable. Quod erat demonstrandum. CQFD pour les non latinistes.


5) À son écoute, on pense tout de suite à Gronibard, mais quels sont les groupes qui vous ont vraiment influencé ?

GNIORK (ou NARF) :
Je ne suis pas certain que l’on puisse réellement parler d’une influence Gronibard. Nos délires et nos musiques sont tout à fait différents. On est trop prude pour s’appeler Les Bitounours par exemple. Et puis d’abord moi je ne m’occupe pas vraiment de la musique. Mais disons que dans l’esprit, je me sentirais un peu plus proche d’un Carnival In Coal ou d’un Mr Bungle. Après, on peut aussi penser que Britney Spears a réinventé la country music, mais faut rester aussi neutre que possible. Jean-Claude Van Damme a lui aussi énormément joué dans notre introspection spirituelle. Ainsi que la vie sexuelle de Ph. P. Mais cela reste une question de point de vue. J’aimais beaucoup Steevie jusqu’à ce qu’il reprenne sa couleur naturelle de cheveux. Il est devenu vulgaire.

IZMA : Le rapprochement avec Gronibard ne me surprend pas mais attention, on ne marche pas sur leurs plates-bandes, que cela soit dit (au passage je salue « Francis » il se reconnaîtra s’il lit cette interview!). Nous n’avons pas eu d’influence particulière pour les chansons d’Ecto, mis à part un bon vieux livre de cuisine des années 50 ! Au niveau musical, on écoute tous des genres ultra différents, par exemple je suis très Grind / Death de base à la Jungle Rot / Indus / Electro… Les autres membres d’Ecto n’ont pas forcément les mêmes goûts musicaux que moi. Un exemple totalement pris au hasard : Gniork (ou Narf) est beaucoup plus ouvert que moi ! Il aime le dernier live de Lara Fabian... !

GNIORK (ou NARF) : Oh l’autre, cafteuse eh ! Mais tant pis, je revendique, il est très bon ce live. C’est sûr, ça fait pas très evil, mais bon, s’il faut se tartiner la gueule en imitant les pandas pour pouvoir prétendre au mal absolu… Et puis de toute façon, je commence à avoir un peu de poil alors je suis confirmé dans ma virilité.

GÄLETER : J'aime bien le live acoustique de Lara Fabian moi aussi, et Jean Félix Lalanne est un peu une brute à la gratte. J'adore le disque de Carla Bruni aussi. En metal, l'inspiration ne vient pas de groupes comme Gronibard. La seule chose que j'aime dans Gronibard c'est Victorine, mais ça c'est une autre histoire... Non, c'est toute la clique Morbid Angel, Cannibal Corpse, Deicide, Satyricon etc... Et je confirme pour le poil de Gniork, il me l'a montré, un fort moment de communion entre nous! Perso, Ph. P. me file la gaule!

ORHANDJIÜSS: Tout est influence mec, je me sers de tout et de rien aussi, je suis un peu comme une éponge sèche sur le rebord de ta baignoire : un coup elle est gorgée de flotte et après elle est sèche et dure comme du béton insensible.

YOXADADEL : Pour ma part, je n’écoute que de la musique tibétaine, je n’ai rien à voir avec ces sauvages qui écoutent du metal!


6) Le titre de l’album est évidemment une allusion à « Cruelty and the Beast », de Cradle, pourquoi cela (s’il y a une raison) ?

GNIORK (ou NARF) :
Ça se voit à ce point là ? Merde. En fait on n’avait pas d’idées et on a simplement repompé sur le premier skeud qui passait. Je pensais pas que cela ce serait remarqué. Si j’avais su, on l’aurait intitulé Saucisse of heaven.

IZMA : Damned, personne ne me dit rien à moi ! Quoique le rapport avec Cradle je le verrais bien dans la pochette : l’ourson qui louche a des faux airs de Dani Filth je trouve !

GÄLETER : Le truc c'est surtout qu'on a bu beaucoup de thé pendant l'enregistrement des voix! Thé, tea... non? Oh et puis merde!

ORHANDJIÜSS: Tout ça c'est Freudien donc je ne m'étendrai pas sur ce sujet !

7) Dans le même ordre d’idée : votre titre « Be Tnik or Be Dead » est une allusion à « Be Quick or be dead » de Iron Maiden, une raison particulière ?

IZMA :
Je crois que Gniork a une théorie sur cette question…

GNIORK (ou NARF) : En fait, moi j’aurais voulu faire une chanson en hommage à Groquick qui a certainement été enlevé par des potes à ce putain de lapin Quicky qui usurpe sa place dans les pubs Nesquick. Et moi je dis stop ! Camarades, camaradesses, on vous ment, on vous spolie, on vous fait croire que Groquick a pris sa retraite mais c’est absolument faux ! Groquick est prisonnier des lapins semeurs de trouble ! Quicky est un enfoiré qui passe son temps à torturer le pauvre Groquick en lui rentrant ses nouvelles céréales (qui ne sont que d’ailleurs que des crottes de lapin) dans le cul jusqu’à ce qu’il explose. Bon, vu l’abdomen corpulent et jaune de Groquick, y a encore de la marge, mais cela suffit ! Le peuple n’est pas dupe ! Rendez nous Groquick ! Rendez nous Groquick ! Quicky, salaud, le peuple aura ta peau (de lapin, la maîtresse en maillot de bain) !

GÄLETER : J'écoutais beaucoup Iron Maiden quand j'avais quinze ans, et puis un jour j'ai écouté de la musique, du coup...

ORHANDJIÜSS: je crois que la réponse est que tout est lié dans l'univers et que nous formons un tout voilà !

8) Vous évoluez dans un style tout de même assez particulier, quel accueil vous réserve le public lors de vos concerts ?

IZMA :
Nous n’avons jamais fait, et ne ferons jamais de scène je pense… Gäleter et Orhandjiüss sont en Bretagne, Gniork en RP et moi dans le Nord alors nous vivons trop loin les uns des autres à présent pour nous réunir, répéter etc. Trop galère donc… Mais c’est bien dommage car on nous a proposé de faire la première partie de Gronib’ plusieurs fois (ce qui aurait été un honneur)!


9) Des projets à venir maintenant qu’est paru votre album ?

IZMA :
La composition du prochain Ecto est en cours, et je continue mes collaborations avec Supuration et Division Alpha (c’est pas de la blague !).

GNIORK (ou NARF) : Personnellement je pense participer à un album hommage à Mireille Matthieu. Quelle disparition tragique tout de même. Enfin quelle idée d’essayer de se raser avec une tondeuse à gazon. Cela dit, elle avait perdu la tête depuis bien longtemps.

GÄLETER : Remettre le Saint Graal à sa place, c'est moche ce truc!

ORHANDJIÜSS: Je pense que je vais aller faire des courses car j'ai plus rien à bouffer.

10) Une question qui nous tient à cœur sur Spirit of Metal : quelle est ta vision de l’esprit du metal ?

IZMA :
Tu me poses une colle là ! Je dirais que ma vision de l’esprit « metal » est sûrement utopique et un peu cucu dans le sens où je vois ça comme un « monde » assez fraternel qui génère beaucoup de passions avec un grand P ! Après les grincheux diront que c’est un monde pourri plein d’opportunistes et de rip offs, ce qui est vrai aussi… Personnellement, j’ai le plaisir de me dire que j’appartiens à une sorte de grande communauté (ouais ça fait peut-être un peu hippie et chochotte mais je m’en fous !) dans laquelle j’ai plein de frères mais aussi des sœurs, des gens que j’aime côtoyer et qui n’appartiennent pas au « commun des mortels » … Enfin bon, l’esprit du metal, c’est assez space comme notion, d’ailleurs Gniork va nous dire ce qu’il en pense et je sens que ça va encore partir de traviole !

GNIORK (ou NARF) : Ben à mon sens c’est dur d’attribuer un esprit à du métal. Je veux dire, déjà attribuer l’esprit à un corps, c’est compliqué. Faut-il parler d’union substantielle ? Le dualisme cartésien s’y est cassé les dents. Bon d’accord, on parle ici d’esprit et non d’âme, mais je tiens à faire remarquer au sagace lecteur que dans les réponses aux cinquièmes objections, Descartes explique son postulat d’une identité entre l’âme et l’esprit. Et puis bon, on ne parle pas de l’âme ou de l’esprit comme d’un pilote dans son navire mais ouais quoi, l’union de l’esprit et du corps est éminemment problématique. Et je ne parle même pas de la contemporanéité d’une telle thématique avec par exemple Jean-Claude Amaisen qui, dans La sculpture du vivant, énonce toute l’ambiguïté et la complexité du rôle du cerveau avec l’idée d’un suicide cellulaire permettant à l’individu de se créer dans la vie par l’intermédiaire de la mort en un sens. Alors bon, l’esprit du métal, ouais, je sais pas trop, mais il faut voir quels sont les postulats d’une telle position. Moi je dirais : non, on peut pas déterminer s’il existe un principe régulateur et immatériel, d’autant que le métal c’est matériel, alors parler d’un esprit, c’est retomber dans cette thématique d’une union substantielle peut-être. Mais peut-être faut-il finalement revenir à la 6e médiation où il pose la certitude du corps par l’intermédiaire de l’expérience de la douleur, alors peut-être qu’en ce sens le métal, genre un bon coup de barre à mine dans la gueule, ça te fait réaliser que ton corps il est uni à ton esprit et que c’est irréfutable. Enfin voilà, je sais plus, mais bon, je dirais : non. Ça va, c’est bon comme réponse ?

GÄLETER : En effet, je pense que le Metal est une grande famille, un peu comme dans les boeufs d'la bourre, tout sourire devant et gros doigt derrière. Tous des cons, et moi le premier!!!!

ORHANDJIÜSS: Quand je vois toute la Pub dans ma boîte aux lettres ça me déprime.

YOXADADEL : Je l’ai déjà dit, j’aime pas les métalleux !

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